Evaluation de l’association entre la vaccination COVID-19 à ARNm autour de l’initiation d’une immunothérapie et de la survie des patients atteints de cancer
Une étude nationale menée à partir des données du Système National des Données de Santé (SNDS) a évalué l’association entre la vaccination contre le Covid-19 et la survie chez 95 015 adultes ayant débuté un inhibiteur de points de contrôle immunitaire (ICI) entre décembre 2020 et mars 2023. Publiée dans Nature Medicine, elle repose sur une approche d’émulation d’essai cible afin de limiter les biais inhérents aux études observationnelles.
La vaccination dans les 100 jours précédant et suivant l’initiation de l’immunothérapie a été étudiée séparément. Pour l’exposition avant traitement, une pondération par l’inverse de la probabilité de traitement a permis d’équilibrer les caractéristiques initiales des groupes vaccinés et non vaccinés. Pour l’exposition après traitement, une méthode de « clonage–censure–pondération » a été utilisée afin de prendre en compte le biais de temps immortel. Les modèles intégraient de nombreux facteurs démographiques, oncologiques, comorbidités, indicateurs de fragilité et recours aux soins. L’approche a été complétée par des analyses de mortalité non liée au Covid-19, mortalité par cancer, rwPFS, évaluant d’autres vaccins, ainsi que des contrôles positifs et négatifs.
Les analyses montrent une mortalité plus faible chez les patients vaccinés, avec une association transitoire et modeste. Celle-ci étant également observée avec d’autres vaccins de l’adulte, les résultats sont compatibles avec un « healthy vaccinee effect », soit un effet lié aux caractéristiques de santé des personnes vaccinées, plutôt qu’un effet spécifique des vaccins à ARNm contre le Covid-19.
Cette étude, portée par les Professeurs Florence Tubach, Joe-Elie Salem et Jacques Cadranel, a été réalisée au Centre de pharmacoépidémiologie de l’AP-HP et a impliqué Raphaëlle Curmin, Aya Ajrouche et Yann De Rycke de l’équipe PEPITES du Sorbonne Public Health Institute.